Un Entrepreneur/Une Leçon

Pour Serge Doh, ENTREPRENDRE C’EST « AVOIR UN RÊVE ET UNE DISCIPLINE»

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Serge DOH est une ancienne vedette de l`athlétisme en Afrique qui a honoré son pays, la Côte d’Ivoire en remportant deux médailles en or et en argent, lors du championnat d’Afrique d’athlétisme en 1996.

Il n’est pas toujours aisé pour un athlète de haut niveau de réussir sa reconversion professionnelle, encore moins pour celui qui évolue sur le continent africain. Aujourd’hui, Serge s’est reconverti en un excellent et respectable homme d`affaires. Spécialisé dans le business international, on ne pourrait compter le nombre de fois où il a pu être sollicité par de grands hommes. Difficile de lui attribuer un secteur d’activité, Serge DOH excelle dans tout ce qu’il touche, du sport à la monétique en passant par le management de la carrière Murielle Ahouré.

 

1) Qui est Serge DOH?

Je suis Serge DOH, je suis Ivoirien et j’ai 43 ans. En 1986, j’ai quitté la Côte d’Ivoire pour la France, où je me suis engagé dans l’athlétisme, plus précisément le lancer de poids et de disque. Plutard, j’ai occupé la seconde place au championnat de France de l’athlétisme. En 1996, j’ai représenté les couleurs de mon pays la Côte d’Ivoire, au championnat d’Afrique d’athlétisme au Cameroun, ainsi, j’ai remporté la médaille d’or du lancer de disque et celle en bronze du lancer de poids. En 1997, j’ai voulu changer de mentalité en adoptant celle des Américains. Je me suis donc rendu aux Etats-Unis pour améliorer ma carrière de sportif. Peu après je me suis reconverti en homme d’affaires.

 

2) Comment êtes-vous passé d’athlète à homme d’affaires ?

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Le sport communique des vertus qui sont l’esprit de préparation et de compétition, l’esprit de gagneur et un but. L’école sportive et l’école classique ont suscité en moi une grande énergie. J’avais également des prédispositions pour faire du business, vu que j’ai le contact facile. À un moment donné, il fallait tourner la page et anticiper la retraite ; ainsi, je me suis tourné vers le monde des affaires. J’ai alors suivi des cours de Business aux Etats-Unis puis j’ai commencé à travailler en tant que Co-manager à L.A Fitness qui est un grand groupe sportif, par la suite, j’ai été Vice-président d’une structure d’investissement, qui recherche des financements pour les gouvernements africains dans l’éducation et le secteur privé. Après je me suis lancé dans le secteur de la monétique.

Il y a 10 ans, avec nos partenaires Américains, nous avons ouvert la monétique via l’inclusion financière du paiement virtuel. Nous avons lancé la première carte prépayée VISA (Africard) en Afrique francophone qui permet à ses bénéficiaires d’effectuer un virement ou de payer des factures sans posséder de compte bancaire. Et aujourd’hui, les banques ont vu la nécessité de la carte prépayée ainsi que de ce mode de paiement.

 

3) Vous vous identifiez le plus à laquelle de vos activités ?

 

Avant tout, le sport, c’est ma vie. J’ai été révélé aux Ivoiriens grâce à l’athlétisme et aux médailles remportées au championnat d’Afrique en 1996, au Cameroun. Ainsi, j’ai été honoré par ma nation, en étant décoré Chevalier de l’ordre national du mérite de la Côte d’Ivoire. 
D’autre part, l’humanitaire tient aussi une grande place dans ma vie. En 1989 lorsque le mur de Berlin est tombé, le ministre Français des affaires étrangères Bernard Kouchner m’a sélectionné parmi 200 jeunes Européens pour faire un constat des lieux en Europe de l’Est. Nous avons visité le plus grand camp de concentration Nazi de Auschwitz en Pologne, on pouvait encore observer l’atrocité qui avait longtemps eu lieu. J’ai été choqué et c’est ainsi de la flamme de l’humanisme s’est réveillée en moi.
Mais en matière de business, je suis un « touche-à-tout ». Je m’engage dans tout ce qui vient à moi selon le feeling.

 

4) Quels sont les avantages et les inconvénients à être un Businessman comme vous ?

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Le business, c’est l’entrepreneuriat, c’est la quête perpétuelle de gain. C’est aussi une prise de risque calculé de sorte à avoir un retour sur investissement intéressant. Il faut faire une distinction entre commerçant et businessman. Nous avons toujours été commerçants depuis l’époque des échanges et des trocs. Un businessman ou homme d’affaires est doté d’une culture d’entreprise, d’une planification et d’une gestion de risque. Il commence son activité par l’élaboration d’un business plan et d’une étude de marché. 
L’avantage ici, c’est la capacité d’être indépendant, l’affranchissement de soi. Aujourd’hui, tout le monde veut être riche. Mais il faut savoir que le fonctionnaire ne s’enrichit pas, la richesse du pays vient de celle du bon entrepreneur.
L’inconvénient est le temps. L’homme d’affaires, à force de voyager d’un continent à un autre, n’a généralement pas assez de temps à accorder à sa famille, sa communauté. Ça paraît intéressant au début, mais après, on finit par être fatigué. C’est triste, mais c’est ainsi le quotidien d’un business man.

 

5) Serge DOH est toujours entre deux avions. Quelle a été votre plus grande durée sur la terre ferme ?

Rire ! J’ai du mal à calculer, mais je dirai deux semaines.

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6) Arrivez-vous à consacrer du temps à votre famille ?


C’est difficile d’être avec sa famille quand on est beaucoup sollicité pour des opportunités ou des rencontres. Et après lorsqu’on rentre à la maison, on est encore attiré par d’autres opportunités. Pour ma part, c’est compliqué.

 

7) Quelles sont les compétences à acquérir pour être un homme d’affaires à succès ?

 

Bien vrai qu’il existe des autodidactes qui réussissent très bien, il est nécessaire d’être formé. Il faut avoir une vision claire et un rêve. Le rêve est la projection de ce qu’on veut devenir. À ceci, s’ajoute la discipline, mais malheureusement, c’est ce qui fait défaut aux Africains.

 

8) Si vous aviez grandi en Côte d’Ivoire, pensez-vous que vous aurez une telle réussite ?

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Nous sommes le produit de notre environnement. J’ai évolué dans un environnement favorable en France et aux Etats-Unis, j’ai aussi eu la chance de me référer à de bons exemples de société et de les côtoyer. C’est vrai, il y a des personnes qui réussissent en Côte d’Ivoire, mais je ne pense pas que j’aurai eu cette même réussite. Il faut se rapprocher des personnes qui peuvent nous tirer vers le haut, il faut avoir des modèles. C’est dommage, mais nos jeunes manquent de modèles. 
Voici deux phrases qui tuent notre Afrique : «Arrête de rêver » et « Pour mieux vivre, il faut vivre cacher » Si on vit caché, comment transmettre ce qu’on a reçu aux plus jeunes ? Il y a beaucoup d’égoïsme en Afrique, on vit en autarcie, soit disant à cause de la sorcellerie. Quand vous recevez des compétences, donnez-en pour servir d’exemple. Le rôle d’un leader est de créer des leaders mieux que lui et non de les écraser. Il en sortira fier et cette fierté n’a pas de prix.

 

9) Selon vous, l’argent est-il un frein à la création d’une entreprise ?

 

L’argent est un besoin, mais pas un frein pour créer une entreprise. Le vrai pouvoir qui se cache derrière l’argent, c’est la motivation et la volonté. On peut tout avoir lorsqu’on est déterminé. Tout est question de temps, soyez patient. Si vous croyez en vous, en votre projet et que vous êtes déterminé, l’argent viendra à vous. Rien n’est impossible. Si vous croyez que tout est possible, alors bien évidemment, l’argent fera partir des choses que vous attirerez à vous.

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On ne s’en rend pas compte, mais nous avons pour habitude de nous bloquer avec nos paroles : « Je n’ai pas d’argent». La parole ne reste pas sans effet. Chez nous en Côte d’Ivoire, lorsqu’on demande : « Comment tu vas ? » On obtient toujours cette réponse : « Je suis calé ». Dans le sens propre, ‘caler’ voudrait dire que vous êtes bloqué ou que vous ne pouvez pas avancer. Ceci paraît anodin, mais ce genre de parole a une portée négative sur votre vie. Prononcez que des paroles positives et c’est ce qui vous arrivera.

 

10) Quelles sont vos ambitions pour l’Afrique et particulièrement votre pays la Côte d’Ivoire ?

 

Quand une personne a en cœur, l’amour du prochain, elle veut également le bien-être de son pays. J’ai une ONG qui s’appelle « PARDON EST MIEUX », qui est une chaîne de sensibilisation et de mobilisation des Ivoiriens et amis de la Côte d’Ivoire autour du pardon, de la réconciliation et du fair-play mental. Aussi, je suis en train de lancer l’opération « Akwaback » destiné aux exilés Ivoiriens qui souhaitent rentrer au pays. C’est un corridor qui vise à assurer leur retour, leur sécurité et leur insertion dans le climat social du pays. Nous sommes en collaboration avec le HCR et le ministère intérieur.

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11) On connaît également Serge DOH pour son carnet d’adresse très fourni. Qu’est-ce vous devenez si vous perdez votre smartphone et tous les contacts qui s’y trouvent ?

 

J’ai un backup (sauvegarde) sur le cloud :-D .

 

12) Comment s’est faite votre rencontre avec Murielle ?

 

Ce fut une rencontre divine. J’ai été contacté par sa mère à Washington qui avait entendu parler de moi en tant qu’athlète. Elle a voulu que j’aide sa fille qui avait déjà réalisé quelques performances au niveau de Washington. J’en ai fait une mission particulière, J’ai vu en elle un diamant brut. Il fallait juste un joaillier qui allait polir ce trésor et le faire briller aux yeux du monde entier. Je n’ai pas terminé ma carrière d’athlète et je vois en Murielle le prolongement de ma carrière. Aujourd’hui, c’est un modèle pour la jeunesse africaine, J’en suis fière et c’est un plaisir de travailler avec elle.

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13) Pensez-vous que le mentoring est nécessaire pour la réussite de l’entrepreneur ?

 

Nous aurons toujours besoin d’un tuteur, d’un mentor pour grandir. C’est important d’être conseillé. Même les grands hommes d’État ont des coachs. Un être humain a besoin d’un renouvellement d’intelligence en permanence, une maintenance spirituelle, c’est-à-dire, parler à quelqu’un à qui se référer. La parole guérit. 

 

14) Si vous devez parrainer quelqu’un, quel est le profil type du mentoré que vous recherchez ?

 

Je recherche avant tout quelqu’un de discipliné et qui a faim de connaissance. On ne peut pas donner à manger à quelqu’un qui refuse de s’alimenter.

 

15) Seriez-vous prêt à parrainer un aspirant du réseau « S’INSIPRER »?

Je suis offusqué par les personnes qui ‘se cachent pour mieux vivre, je le ferai avec un grand plaisir.

 



TIMELINE



 

  • 19 Mars 1973: Naissance
  • 1995 : finaliste aux VIe Jeux africains à Harare au Zimbabwe
  • 1996 : médaille d’or au lancer du disque et médaille de bronze au lancer du poids au championnat d`Afrique d`athlétisme à Yaoundé au Cameroun.
  •  : General Manager (L.A Fitness)
  • – 2016 : Vice President Business Development ( GTP (Global Technology Partners) www.gtplimited.com )

In charge of international Business developement and strategy across Africa banking Visa and Mastercard Prepaid Cards Financial inclusion.

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