Un Entrepreneur/Une Leçon

AVEC ANGE JOSEPH, ENTREPRENDRE, C’EST RISQUER…

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Ange Joseph est un jeune ivoirien vivant à Bordeaux. La trentaine révolue et père de quatre enfants, il est Président Directeur Général de World Event, une société regroupant en elle-même deux structures à savoir World Event association (à but caritatif) et World Event entreprise. Ces deux structures ont une même mission : faire la production et la diffusion de spectacle vivant.

 

Quelle est votre vision de l’entrepreneuriat?

L’entrepreneuriat part du fait qu’il y a deux choix dans la vie :soit on s’assoit et on subit, soit on se lève et on fait bouger les choses.Il y a un rappeur français qui disait: dans la vie, il ya deux catégories de personnes, il ya ceux qui ont le pistolet chargé et ceux qui creusent. Ceux qui ont le pistolet chargé sont les décideurs et ceux qui creusent subissent. Décider c’est poser des actions, c’est croire, c’est se donner les moyens, c’est entreprendre! Aujourd’hui on est jeune et c’est le moment de faire avancer les choses. Sinon, on fera surement partie de ceux qui creusent. Ayons des pistolets chargés!

 

Comment l’idée d’entreprendre vous est venue à l’esprit?

L’idée d’entreprendre m’est venue très tôt. A la base, j’aime tout essayer, j’aime foncer. J’ai travaillé pour des entreprises en tant que commercial, chef d’agence, dans la menuiserie, le bâtiment, les énergies renouvelables et la sécurité. Mais à partir d’un certain moment, travailler pour les autres commençait à devenir agaçant pour moi. Je me suis dit : «  tout ce temps à travailler pour les autres, pourquoi ne pas faire ce que j’aime et ce que je veux ». Un matin, j’ai décidé de démissionner, j’ai tout lâché et j’ai finalement créé World Event.

 

Avec tout ce que vous venez de signifier, quelles sont les difficultés ou obstacles que vous avez rencontré et comment les avez-vous surmonté?

Pour moi, tout est une question de risque dans la vie. Le matin,quand on sort, on risque de ne pas revenir le soir à la maison. C’est pareil pour l’entrepreneuriat. La première difficulté est la lourdeur des charges mensuelles dues à la renonciation du salaire pour l’employé devenu entrepreneur. On se lève un peu plus tôt, on agit plus rapidement que d’habitude, etc. Tout cela  afin d’avoir les ressources nécessaires à son activité.

 

Parlant maintenant de votre projet, comment l’avez-vous financé?

Cela pourrait peut-être surprendre,mais World Event n’a bénéficié d’aucun emprunt. Nous avons démarré nos activités sur fonds propres.Au départ, on faisait du booking (qui consiste à  la réservation de place ou de ticket). Le 1er gros marché a été le spectacle d’humour de Sébastien Cauet. A la base, on souhaitait organiser un spectacle d’humour africain avec les humoristes de la Cote d’Ivoire, Claudia Tagbo et Patson. Puis,comme par hasard, l’agent de Cauet se trouvait dans le même immeuble que le notre. A l’origine, je ne savais pas qui était Cauet. Notre agent nous a affirmé que ce dernier était le top des tops.  Je me suis renseigné, j’ai regardé quelques vidéos de ses spectacles, j’ai été convaincu et c’est de là qu’est parti le spectacle.

 

Jusqu’à présent, quel a été votre plus gros marché et comment l’aviez-vous décroche?

Pour notre plus gros marché, on a fait un appel d’offre à la mairie de Mérignac à Bordeaux dans le cadre de l’organisation d’un spectacle. Nous avons présenté et défendu notre dossier, on nous a fait confiance et voilà!

 

Comment arrivez-vous à concilier vie professionnelle et vie de famille?

Concilier? Non, Honnêtement je n’arrive pas à concilier ces deux vies. J’ai réussi à tenir jusque-là parce que j’ai une personne merveilleuse à mes côtés. Elle comprend le fait que je consacre beaucoup plus de temps au boulot qu’à la famille. Elle me soutient beaucoup. Alors concilier, je ne pense pas encore avoir réussi ce pari.

 

Quelle est votre plus grande satisfaction dans entrepreneuriat?

A la base, je suis un éternel insatisfait. Après un résultat, j’en veux un plus gros. Je me rappelle encore du spectacle de Cauet. On avait eu une salle pleine et mon producteur m’avait approché pour me demander pourquoi je ne regardais pas le spectacle.Je lui ai répondu que je pensais au prochain challenge. Et c’est ainsi qu’on a attaqué Orange Assinie Fluo Beach. J’ai toujours envie de mieux faire et de me prouver à moi même que je peux réussir et aller au delà de mes espérances.

 

Comment est né “Assinie fluo beach”?

Orange-Assinie-Fluo-Beach

Danseuses Brésiliennes

Assinie Fluo Beach est parti d’un simple constat: aucune grosse fête n’avait déjà été organisée à Assinie comme à Ibiza en Espagne. Partant de ce fait, On s’est dit pourquoi pas et c’est ainsi qu’est né le projet Orange Assinie Fluo Beach.

Quel a été le bilan d’orange Assinie fluo beach 2015?

Pour cette première édition, je dirai que le bilan a été très positif. Toutes les promesses ont été tenues. Aucun incident et aucun accident. Nos artistes annoncés étaient tous présents, nous attendions 2000 personnes, nous en avons reçu 1500. Partant de ces points, je peux dire que le bilan a été assez positif pour nous. Cependant, Il y a forcement des choses à améliorer, c’est clair. Nous aurons une prochaine édition à Abidjan et à Assinie et nous promettons un spectacle haut en son, en couleurs, en lumière et d’énormes surprises à tous les Ivoiriens.

 

Quelle est votre plus grande fierté par rapport à cet évènement?

Il faut dire qu’Orange Assinie Fluo Beach était un très gros défi qu’il fallait relever. Contrairement au concert classique, il fallait déplacer les personnes d’un point A à un point B et ce, à au moins 100Km (1h33 mn de route). Voir des personnes s’éclater, voir encore la joie sur leur visage le lendemain de l’événement reste ma plus grande fierté. Je me suis dis à ce moment “Ange, tes nuits blanches avaient un sens’’.

 

Quelles sont les qualités que doit avoir un entrepreneur pour réussir?

Pour moi, l’entrepreneur doit avoir le gout du risque. Entreprendre c’est risquer. Si vous avez peur du risque, allez travailler en entreprise.Je dis toujours aux personnes que je rencontre, qu’on est mieux servi que par soi-même. Quand on va au supermarché faire des courses, on prend des articles équivalents à l’argent dont dispose. Nous avons des sous pour le supermarché et rien pour monter un projet. Pour ceux qui veulent entreprendre et qui n’ont pas d’argent, c’est vrai que ce n’est pas évident. Mais sachez une chose, cela a été aussi difficile pour tous ces modèles que nous voyons. On démarre pauvre ou avec presque rien pour bâtir quelque-chose. C’est le cas de Steve Jobs, Bill Gates et toutes ces personnes qui ont réussi dans l’entrepreneuriat. Ces personnes sont parties de rien mais juste d’une idée.  Donc Ayez votre idée, croyez en votre idée et donnez-vous les moyens d’y arriver. On part tous sur un pied d’égalité. Ceux qui sont arrivés les premiers sont ceux qui en ont voulu un peu plus. La chance n’existe pas, c’est le travail qui paie. Dire aux jeunes d’attendre le financement pour leur projet, c’est comme dire à une femme d’attendre le prince charmant et il viendra. Il faut taper à toutes les portes. On vous refusera peut-être, mais on ne vous refusera pas éternellement.

 

Parlant de parrainer un aspirant, donner un coup de main à un jeune et l’attraper par la main pour le tirer vers le haut, je le ferai avec plaisir!

 

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